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Balado des Frères du Son – Édition Mars 2012

mars 13, 2012

Pour commencer notre baladodiffusion, on vous propose notre capsule d’Un Petit Goût de Boulimie, qui résume les meilleures etplus récentes sorties de disques qui ont retenues mon attention. Un résumé des articles publiés ici même, qui sont également accessiblesvia lesfreresduson.com. Ce mois-ci, on vous fait entendre BillRyder-Jones avec sa pièce Enlacede son album If…, suivie par laformation Chairlift avec leurchanson Guilty as Charged extraitedu disque Something, pour termineravec le duo électro Alog et leurcollage sonore Orgosolo I, del’album Unemployed.
 
Avec notre capsule Madein Québec, on vous propose des artistes locaux quifont de la musique qui se distingue du lot. On commence ce tour d’horizonde notre terroir sonore sans plus tarder avec quelques nouveautés incontournables de chez-nous!

Impossible de passer à côté de Piano Mal, l’album solo de Julien Sagot, percussionniste et à ses heureschanteur pour quelques pièces de Karkwa,un impressionnant premier enregistrement s’il en est un! On l’a connu pour lespièces Pili-Pili et Au-dessus dela Tête de Lilijune qui ressortaient du lot et qui détonnaient de la voixde Louis-Jean Cormier, si bien qu’on le sentait cantonné dans un projet qu’iln’était pas tout à fait le sien. Maintenant dans un projet beaucoup pluspersonnel, Julien nous arrive avec unalbum tout en relief, riche autant vocalement qu’au niveau instrumental,puisque Piano Mal est tout sauf unenregistrement qui se concentre uniquement sur une seule facette, un brinmélancolique, certes, mais loin d’être déprimant pour autant. Sagot, de sa voix chaude et profonde noussusurre une poésie sombre avec son accent qui fait bien plus européen qu’autrechose. Le bonhomme est bien entouré, avec Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et de la formationsuédoise Thus:Owls, avec sonapproche singulière, qui donne une atmosphère de western spaghetti et de Leif Vollebekk, avec son organe vocalet ses talents de multi-instrumentistes, qui viennent ajouter énormément àl’ambiance globale du disque. Rien qui ne surprendra nécessairement les amateurs de Karkwa, mais il y a quelque chose sur le disque Piano Mal qui se distingue suffisamment de cesderniers pour donner un album rafraichissant. L’un des trop rares enregistrementsqui, à mon humble avis, arrive à transcender les époques, les modes et quiréussira sans doute à marquer profondément le paysage musical québécois!
On enchaîne avec le jeune et fort talentueux Jesse MacCormack et sa bande depuisl’époque où le groupe s’appelait Mac avec un «c», lorsqu’ils vendaientleurs enregistrements de manière indépendante pendant leurs spectacles.Aujourd’hui, Mak est signé par l’étiquette de disques L-ABE,tout comme Jean-François Lessard, Vander, Doba et TheBlue Seeds, en plus, le disque est distribué par la machine Sélect,donc on peut le retrouver un peu partout. Je suppose que la formation a dûmodifier son épellation pour éviter des démêlées judiciaires, probablementsuite aux conseils que leur nouvelles maison de disque leur a suggérés. Lesriches sonorités et des structures de pièces raffinées sont au menu sur l’albumhomonyme de Mak. On se retrouvequelque part entre l’ambiance feutrée et très texturé de Patrick Watsonet la richesse instrumentale à la sauce Radiohead ou Karkwa avecdes paroles anglophones, vues les racines de Jesse, parolier etmulti-instrumentiste de la formation. Des ambiances toutes en subtilités etd’une grande sensibilité, livrées avec des harmonies vocalesmasculine/féminines hautes perchées, avec beaucoup de souffle un peu comme lafaçon de chanter de Louis-Jean Cormier, chanteur du groupe Karkwa. Onpense également à Leif Vollebekk et Armen at the Bazaar, passeulement pour les similarités de l’aspect vocal, mais aussi pour le voletmusical très atmosphérique. Les progressions d’accords sont parfois étonnantes,mais toujours efficaces et recherchés, servies avec une réalisation soignée. Grâce à un habile mélange de Rock-exploratoire,d’éléments Folk et d’Électronica, le disque ressortinévitablement du lot et ce, malgré les influences senties. Avec la qualité etla sincérité déconcertante avec laquelle chaque pièce a été conçue, ce n’estqu’une question de temps avant que Mak laisse une profonde marque sur le monde de lamusique au sens large, tellement que c’est une œuvre aboutie et ce n’est qu’undébut!
On continue notre capsule avec ce poète des temps moderne, Ivy, notre Slameur équivalent à GrandCorps Malade ou lui serait-il même supérieur, qui revient avec son deuxièmealbum intitulé Hors des Sentiers Battus.Avec une plume aussi inspirée que MartinLéon ou les meilleurs moments de DanielBoucher, combinée à des textes aussi conscientisés que fort à propos pourvenir dépeindre le portrait de nos trains de vie quotidien et de la sociétéactuelle. Habile des mots, Ivys’amuse à véhiculer ses réflexions avec ses chansons aux arrangements plusétoffés que jamais auparavant, puisque Horsdes Sentiers Battus est bien plus qu’un disque de Slam au sens officiel du terme. Une critique sociale, tel unpamphlétaire du nouveau millénaire, Ivynous a concocté des odes aux malaises de notre manière de vivre d’occidentauxface à l’échec de nos choix, qui viennent bercer les préoccupations des plusallumés d’entres nous. Rares sont les enregistrements qui réussissent à faireaussi efficacement le reflet de nos travers, un peu comme Simon Jodoin l’avait fait sur son disque Folk-Off, mais davantage pour la philosophie partagée que del’approche fort différente des 2 artistes sur leur forme d’écriture. Loin desdiscours creux et de la langue de bois, Ivynous sacre en plein face nos plus beaux côtés comme les plus laids, un peucomme il l’avait fait sur Slamérica,son premier disque, mais avec des arrangements qui rehaussent d’autant plus sespropos!
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Julien Sagot Février (Piano Mal)
Mak – Cause to Effect (Mak) 
IvyMy Name Was (Hors des Sentiers Battus)

Pour notre Triple à Trois du moisde mars, on a décidés de faire ça avec une ambiance feutrée en vous présentant3 pièces issues de 3 disques différents d’un seul et même artiste qui portedifférents noms. On ne le juge pas, à chacun ses fantasmes, mais on parle de quoi au juste, vous demandez-vous probablement…
D’Helios, c’est le projet électro-ambiant-expérimental de KeithKeniff, qui a démarré sa propre maison de disque qui s’appelle Unseen Music,pour chapeauter ses projets, puisque c’est lui aussi qui est derrière lepseudonyme Goldmund et qui se trouveà être la moitié de la formation MintJulep. Ketih Kenniff créé égalementde la musique pour le 7e art sous son propre nom et pour Helios, le prolifique artiste américain, originaire de Portland,conçoit une musique instrumentale, aux accents un peu Post-Rock, planante, maistexturée où il utilise occasionnellement des sons environnementaux, comme deschants d’oiseaux, sans se faire Nouvel-Âge pour autant. C’est un genre deClassique contemporain aux accents minimalistes tout en autant diversifié auniveau de l’instrumentation employée.

https://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Fplaylists%2F1591581&show_comments=false&auto_play=false&show_playcount=false&show_artwork=true&color=0081ff Projets musicaux par Keith Kenniff – Helios
 

Heliosfait une sonorité qui peut aussi bien être écoutée le jour comme le soir, avecses ambiances toutes en relief, qu’on pourrait comparer à Boards of Canada et Eluvium,jusqu’à un certain point. On peut aussi dire que c’est le principal projet deKenniff, avec 6 albums à son actif, dont un enregistrement devant public, c’estprobablement son volet le plus synthétique, malgré que les instrumentsacoustiques sont omniprésents. Différent de ses autres projets puisque sous lenom Goldmund, qui est principalementaxé autour du piano et qu’avec MintJulep, le duo qu’il a formé avec sa conjointe Hollie Kenniff, où ils nousproposent une formule plutôt Pop-atmosphérique, mais cette fois avec du chant.Il faut admettre que le musicien ne chôme définitivement pas et qu’avec Helios, il peut se permettre d’explorerl’une de ses facettes les plus complètes et inspirée au plus haut point! Enparlant d’altitude, on vous fait entendre la musique planante d’Hélios,sans vous faire attendre plus longtemps.
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Velius (Unomia)
Rising a Wind (Ayres) 
Cross the Ocean (Unleft)


Avec notre capsule D’Autopsie deCD, on vous décortique un disque d’un artiste réputé, versatile et toujoursaussi inspiré, peu importe la forme d’art qu’il décide de prendre pours’exprimer. C’est évident qu’il n’avait pas vraiment besoin de publicité, maisson volet musical nous interpelle suffisamment pour qu’on ne puisse pas faireautrement que de vous en parler!
Onconnait évidemment le fameux David Lynchpour ses œuvres cinématographiques complètement déjantées, on sait aussiqu’il est un adepte de la méditation transcendantale, peintre et designer à sesheures, c’est d’ailleurs lui qui a fait la conception de l’architecture de sonclub privé Silencio, directement inspiré de la boite de nuit du même nom dansson film Mulholland Drive, qui a ouvert ses portes à Paris en octobre 2011 etqui est gratuitement accessible après minuit. Comme si tout ça n’était pasassez, le voici qu’il s’aventure en contrées musicales et tout ce qu’on peuts’imaginer, c’est que ça ne peut être autrement que très particulier. Avec sonpremier album complet intitulé Crazy Clown Time, paru au mois de novembre 2011,presque 9 mois après avoir accouché de son premier maxi Good Day Today-I Knowoù on sentait qu’il cherchait musicalement sa ligne directrice, on découvre unenregistrement évidemment très atmosphérique qu’on dirait directement sortie deTwin Peaks, justement, une trame sonore qu’il avait conçue avec AngeloBadalamenti.

L’ambiance est sombre, psychédélique et étonnamment entraînante.C’est un genre de l’Électro de type IDM, proche parent du Trip-Hop, mélangé àdu Rock-expérimental où l’on peut entendre des passages vocaux féminins et ceque j’estime être du chant issus de sa propre voix rendue méconnaissable avecles différents filtres utilisés. On imagine que les collaborations n’ont pasdues être difficiles à trouver pour le célèbre réalisateur, donc c’est assezvarié sur le plan vocal et musical. Souvent, on croirait entendre Neil Young sous l’effet de droguedures, tellement que c’est éthéré comme traitement sonore. Au niveau desparoles, Lynch fait passer sesmessages et des brides de sa philosophie, particulièrement sur la pièce Strange& Unproductive Thinking. Je comparerais le genre que David Lynch fait à du Deathin Vegas ou si Lou Reedcollaborerait avec Portishead, pourvous donner une idée de la sonorité de Crazy Clown Time, son premier albumcomplet. Un titre très imagé qui en dit long et qui donne le ton pour lespièces entendues sur le disque, mais je pense qu’on ne pouvait pas vraiments’attendre à autre chose de la part de l’artiste! Pour vousdonner une bonne idée de ce que DavidLynch fait musicalement, on a sélectionné 3 pièces de son plus récent album.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
The Night Bell With Lightning
Pinky’sDream avec Karen O des Yeah Yeah Yeahs
Good Day Today

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